THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY

hrn 0 ?Zli

ACES LIBRARY

BIOLOGY

Digitized by the Internet Archive in 2013

http://archive.org/details/bulletindumuseum2419muse

BULLETIN

DU

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE

La figure placée sur le titre du Bullelin représente un Oiseau de l'ordre des Gimiformes, le Cagou de Nouvelle-Calédonie : Rhinochœtus jubatus J. Verreaux cl Des Murs, dans l'attitude de la crainte-, elle a été exécutée par M. le Profes- seur À. MlLLOT.

BULLETIN

DU

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE

RÉUNION MENSUELLE DES NATURALISTES DU MUSÉUM

TOME VINGT-QUATRIÈME 1918

PARIS IMPRIMERIE NATIONALE

MDCCCCXVMI

\ 1 BULLETIN

DU

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE.

ANNÉE 1918. 1.

174e RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM.

31 JANVIER 1918.

PRÉSIDENCE DE M. KDMOND PER1UEK,

DIRECTEUR DU MUSEUM.

ACTES ADMINISTRATIFS.

M. le Président donne connaissance des laits suivants qui inté- ressent le Muséum :

M. Mouquet, Vétérinaire, a été nommé temporairement Assis- tant Vétérinaire des Ménageries (Décision ministérielle du 6 août

*9f7>5

M. Charles Gravier, Assistant au Muséum, est nommé Profes- seur de la Chaire de Zoologie (Vers et Crustacés), emploi nouveau (Décret du 17 octobre 1917);

M. Germain, Préparateur au Muséum, est nommé Assistant de la Chaire de Malacologie, en remplacement de M. Gravier (Arrêté du 3o novembre 1917);

Sont nommées Stagiaires pour Tannée scolaire 1917-1918 (Ar- rêté du 3o novembre 1917) :

M,,,c Lemoine, Docteur es Sciences naturelles;

Mllc Dehodne, Docteur es Sciences naturelles; ^ Muséum. xxiv. 1

Des Bourses de Doctorat sont allouées, près le Muséum (Arrêté du même jour), à :

MHe Morand, Licenciée es Sciences naturelles, M1Ie Brière, Licenciée es Sciences naturelles.

M. Kunckel d'Herculais, Assistant au Muséum, est admis, pour ancienneté d'âge et de services, à faire valoir ses droits à une pen- sion de retraite à compter du ier novembre 1917 (Arrêté du 27 sep- tembre 1917).

M. Kunckel est nommé Assistant honoraire (aux termes du même Arrêté).

M. Stanislas Meunier, Professeur de Géologie au Muséum d'His- toire Naturelle, a été nommé, pour Tannée 1918, Assesseur du Directeur de cet Établissement.

M. Massart, Professeur à l'Université de Bruxelles, chargé, durant Tannée scolaire 1916-1917, de Conférences de Botanique au Muséum, continuera à assurer ce service du icr janvier au 3o juin 1918 inclus (Arrêté du 29 janvier 1918);

Sur la proposition de M. le Professeur Boule, M. Diego Repoche y Torrens, Directeur du Museo Canario àLasPalmas, a été nommé Correspondant dans la séance du 12 avril 1917.

Sur la proposition de M. le Professeur Lecomte, M. Barly Bal- four a été nommé Correspondant dans la séance du 21 juin 1917.

Sur la proposition de M. le Professeur Trouessart, le Frère Apolinaire, Directeur du Musée d'Histoire Naturelle de Bogota (Colombie), a été nommé Correspondant dans la séance du 28 juin 1917.

Dans la même séance, M. Chudeau a été nommé Correspondant, présenté par l'Assemblée.

PRÉSENTATION D'OUVRAGE.

M. R. Legendre, en son nom et eu celui de M .A. Thévemn, tous deux Membres de la Section d'Hygiène du Ministère de l'Armement et des Fabrications de Guerre, Direction des Inventions, des Etudes et des Expériences techniques, présente et offre pour la Bibliothèque l'ouvrage suivant, ayant pour titre : Comment économiser le chauffage domestique et culinaire. Notions pratiques, Paris, 1918, dont ils sont les auteurs.

_ h

COMMUNICATIONS.

Mangoustes et Lézards a La Trinité,

par M. Paul Serre, Consul de France, Associé du Muséum.

11 y a quelques décades , on décidait d'introduire à la Martinique , la Vipère fer de lance avait pullulé et tuait chaque année , notamment dans les champs de cannes , un grand nombre de travailleurs , un de ses plus terribles ennemis, la Mangouste; mais il advint que ce dernier animal ayant lui-même fort multiplié, il fallut lui déclarer à son tour une guerre à mort.

La même surprise était réservée aux planteurs de La Trinité qui intro- duisirent ici la Mangouste pour débarrasser leurs champs d'une infinité de Rats qui rongeaient la canne à sucre. Malheureusement, à mesure que les rongeurs se faisaient de plus en plus rares , les Mangoustes , elles , se faisaient de plus en plus ^nombreuses ; il en résulta que ces derniers Mammifères commirent nuitamment de grands dégâts dans les poulaillers et s'enhar- dirent même à saigner, de jour, les Poules, les Canards et même les jeunes Dindons, Porcs, Chevreaux, etc., qui s'écartaient à quelque dislance des habitations. Chose plus grave encore, ces carnassiers détruisirent également les Oiseaux et les gros Lézards de terre, si utiles à l'agriculture, parce que gros destructeurs d'Insectes, et l'on constata sur les plantations de cannes qu'après la disparition de ces Reptiles, le terrible insecte rrfroghopper» se mettait à pulluler causant de grands dégâts0'.

Mr. Cariée, l'actif manager hollandais du « Waterloo Estâtes, la seconde comme importance des seize exploitations sucrières de La Trinité , décida de débarrasser ses champs des innombrables Mangoustes qui y avaient élu domicile. Ayant fait disposer de tous côtés des pièges perfectionnés (avec un œuf de poule ou un morceau de viande ou de poisson comme appât) et offert une prime de 2 à sous par tête d'animal , il parvint à faire occire en 1916 non moins de 6,5oo Mangoustes, ce qui est à peine croyable, puis 2,000 de janvier à la fin de mai 1917.

Maintenant il achète, par l'intermédiaire de la « Station expérimentale

(1) Probablement la larve d'une Cicadelle du genre Aphrophora.

5

de Port-of-Spaiu», aux pelits négrillons et petits « coolies» hindous qui ont trouvé une source inespérée de gros profits, autant de Lézards vivants payés 10 sous pièce qu'ils peuvent en attraper, soit au moyen d'un nœud coulant, soit avec un filet après avoir noyé leurs terriers. Et maintenant, Mr. Cariée s'occupe de l'élevage des Lézards, aussi de celui des Grenouilles et des Crapauds, dans un grand terrain qu'il a fait enclore, afin de lâcher ensuite ces animaux sur les exploitations adjacentes ils devien- dront ses meilleurs auxiliaires en détruisant les «froghoppers» et autres insectes nuisibles à la canne.

Mais ce Hollandais pratique fera bien de se méfier des Mangoustes de ses voisins, qui, à l'instar des Alla ou Fourmis parasol (une autre peste des tropiques), vont généralement marauder dans les propriétés d'autrui.

On réclame maintenant ici la suppression, dans les campagnes, de la taxe sur les Chiens, qui sont, comme on le sait, grands chasseurs de Man- goustes.

0

Sur une petite Collection de Crustacés de Cuba offerte au museum par m. de boury,

par M. E.-L. Bouvier.

Au cours d'un récent voyage à Cuba, M. E. de Boury , le savant malaco- logiste, a recueilli dans cette île, surtout aux environs de Santiago, un certain nombre de Crustacés décapodes qu'il a généreusement offerts au Muséum. Je crois utile de donner ici la liste de ces Crustacés dont plusieurs offrent de l'intérêt, soit parce qu'ils sont nouveaux ou rares, soit parce qu'on ne les avait pas signalés jusqu'ici dans les eaux de Cuba.

DÉCAPODES.

macroures. Penaeus brasiliensis Latr. , Parapenaeus conslrictus St. , Sicyonia laevigata St., Pontonià Grayi Bathb. , Platyblema rugosum Sp. Bate, Cambarus cubensis Sans s., Panilurus argus Latr., Scyllarus ameri- canus Smith.

Brachyures. Eriphia gonagra Fabr. , Lepiodius Jloridanus Gibbes , Actaea nodosa St., A. setigera Edw. , acantha Edw. , Pihimnus gemmatus St., Epibolocera armata Smith, Eupanopeus Herbsli Edw., Pachygrapsus transversus Gibbes, Percnon planissimum Herbst, Gecarcinus ruricolaL., Macrocœloma diacanthum A. M. Edw., Thoe puella St., Mithrax pilosus Bathb., M. coryphe Herbst., M. cinclimaniis St., Teleophrys ornatus Bathb., Pericera cornuta Latr.

Anomonres. Avec le Pagurus insignis Sauss. , le Clibanarius tricolor Gibbes , le Calcinus sulcalus Edw. et le rare Eupagurus Marshi Bathb. , les Paguridés suivants qui sont des formes nouvelles intéressantes :

Paguristes anomalus sp. nov. (fîg. 1).

Cette espèce se distingue de tous les autres Paguristes jusqu'ici connus par le fait que ses femelles ne présentent aucune trace de la poche incubairice abdominale que l'on considérait à bon droit comme une caractéristique du genre. Abstraction faite de ce Irait remarquable, elle ressemble totale-

7

mentaux Pagurisles les plus typiques; elle en a le faciès, les appendices et présente comme eux des fausses pattes sexuelles placés sur les segments abdominaux antérieurs, une paire sur le premier chez la femelle, sur chacun des deux premiers chez le mâle. On peut la considérer soit comme un descendant direct, mais lointain, de la forme ancestrale dépourvue de poche, qui servit d'ancêtres aux Pagurisles, soit comme un Paguristes qui a rétrogradé vers cette forme ancestrale en perdant la poche incubatrice ; dans l'état actuel de nos connaissances, il est impossible de choisir entre

Fift. t. Paguristes anomalus, x i3.

ces deux hypothèses. Mais ce que l'on peut affirmer, c'est que notre Pagu- risles est à un stade évolutif plus avancé que la majeure partie des repré- sentants du genre; car ses branchies sont formées par deux rangs de lamelles ovales absolument entières, tandis que dans la plupart des autres Pagurisles, les filaments branchiaux qui les constituent sont encore un peu indépendants sur le bord des lamelles.

La carapace est ponctuée vers le front elle présente un sillon gas- trique médian. La saillie rostrale est assez longue, étroite, terminée en pointe; les deux angles frontaux sont médiocrement saillants (1). Les écailles ophthalmiques sont étroites, bifurquées au sommet qui dépasse un peu la

8

pointe rostrale ; les pédoncules oculaires se dilatent beaucoup à la base et se rétrécissent graduellement jusqu'à la cornée ; ils dépassent un peu les pédoncules antennaires, atteignent presque l'extrémité des pédoncules antennulaires et sont d'un quart plus courts que le bord frontal. Les fouets antennaires égalent à peine en longueur la région gastrique, ils présentent des soies assez grandes et assez nombreuses.

Les chélipèdes (2,3) sont petits, subégaux, comprimés sur leurs faces externe et interne ; leur méropodite est armé de denticules en scie irrégu- lière sur le bord inférieur ; le carpe et la pince présentent sur leur bord interne une rangée de dents aiguës, sur leur face supérieure des saillies obtuses de dimensions très diverses, mais particulièrement fortes sur la portion palmaire. Il y a de nombreux poils sur cette face des deux articles , et ces poils s'élèvent davantage au bord externe ils font une sorte de frange. Les doigts sont à peine plus longs que la portion palmaire et cornés à leur extrémité distale. Les pattes ambulatoires ( k , 5 ) sont courtes , fortes , inermes, elles dépassent très peu les pinces; leur doigt égale à peu près en longueur le propodite qui présente une rangée de petits bouquets de poils sur sa face supérieure, et, sur sa face interne, deux séries irrégulières de stries qui portent de courtes soies sur leur bord antérieur. Comme dans les autres Paguristes, les pattes nettoyeuses de la paire antérieure ne pré- sentent pas de saillie digitale sur leur propodite ; cet article présente sur sa face externe, en contact avec le bord inférieur, une bande rugueuse également étroite dans toute son étendue. Les fausses pattes fixatrices sont très fortement inégales et dissemblables, de même que les deux moitiés du telson.

Longueur du céphalothorax d'un mâle adulte , k millimètres ; les fe- melles sont à peu près de même taille et portent ao à 3o œufs assez volumineux.

Huit exemplaires pris en dehors de la baie de la Zocappa, près de Santiago de Cuba, sous les vieux Madrépores; la plupart logés dans les coquilles de Planaxis linealus&& Costa, quelques-uns dans celles de Colum- bella cribraria. Certains exemplaires sont bien jeunes et dépassent à peine la taille d'une glaucothoé ; ils sont de tous points semblables aux adultes , mais les stries du propodite des pattes ambulatoires sont moins apparentes et les pédoncules oculaires plus robustes.

Glaucothoé cdbensis (fig. 2).

Dans la coquille d'un Planaxis Uneatus se trouvait une Glaucothoé du groupe des Mixtopaguriens , peut-être même celle du Paguristes anomahts qui fut capturé avec elle.

Cette forme diffère de toutes les Glaucothoés jusqu'ici connues par le grand développement de son rostre et la faible longueur de ses pédoncules

9

oculaires : le premier s'avance fortement entre ceux-ci sous la forme d'une lame triangulaire acuminée au sommet ; les secondes présentent une forme vaguement ovoïde et ne se dilatent pas sensiblement dans leur région cor- néenne ; ils ne sont pas deux fois aussi longs que larges. Les pédoncules antennulaires ne diffèrent pas sensiblement de ceux du Glaucothoe ros~ trata, tels qu'ils ont été représentés par Miers, mais les pédoncules anten- naires dépassent un peu le bord antérieur de la cornée. Les pinces sont subégales, deux fois et demie aussi longues que larges, et totalement inermes; leurs doigts sont à peu près aussi longs que la portion palmaire, contigus sur leurs bords et armés chacun d'une griffe terminale cornée qui se prolonge un peu sur les bords. Les doigts des pattes ambulatoires sont notablement plus courts que la portion palmaire. Les pattes des deux dernières paires sont tout à fait semblables à celles du Glaucothoe rostrata.

Ce qui donne à notre exemplaire un intérêt tout particulier, c'est le fait qu'il se trouve dans une coquille spirale, enroulé comme elle, sans d'ail- leurs avoir perdu aucun des caractères distinctifs du Glaucothoe; ses segments abdominaux sont bien séparés et chitineux avec des épimères obtus ; ses fausses pattes sont au nombre de cinq paires , biramées, parfaitement symétriques, et celles de

la paire postérieure forment, avec le telson, une rame caudale qui ne diffère en rien de celle des

Glaucothoés libres. A ce point de vue, notre spé- Fig. 2. Glaucothoe

cimen ressemble à toutes les Glaucothoés que nous cubais!*, x a3. avons jusqu'ici étudiées ou discutées, et diffère

des Glaucothoés d'Eupagurus recueillies ou élevées par M11" Millet T. Thompson (1) ; chez ces dernières, en effet, les uropodes ou fausses pattes postérieures sont rr asymétriques comme chez l'adulte « , même avant que l'animal ait établi son gîte dans une coquille. Notre Glaucothoe appartient évidemment à une espèce l'asymétrie produite par la coquille n'est pas encore devenue héréditaire au point de se faire sentir déjà au stade post- larvaire de Glaucothoe. On sait d'ailleurs que, dans le genre Mixtopagvrus, la symétrie du corps demeure presque complète jusqu'à l'étal adulte.

Clibanarius brachyops sp. nov. (fig. 3).

Cette espèce est surtout remarquable par la brièveté relative et la grande épaisseur de ses pédoncules oculaires (t) qui sont notablement plus

(1> Millet T. Thompson, The metamorpliosis of the hermit Crab (Proc. Boston Soc. Nal. Hist. , vol. 3i, !\).

10

courts que le bord frontal, partout épais, mais principalement à la base leur largeur égale environ ho centièmes de leur longueur. Malgré ces carac- tères qui le distinguent nettement des autres Clibanarks , notre Cl. bra- chyops se rattache étroitement au même genre. Son front est droit, un peu aigu au milieu ; les écailles ophthalmiques sont larges, armées de deux pointes et de quelques denticules. Ses pédoncules antennulaires et anten- naires n'atteignent pas tout à fait l'extrémité des yeux ; il y a une forte épine en dehors sur l'écaillé antennaire; le fouet des antennes est nu, ses articles sont plutôt courts et très distincts. Les cliélipèdes (2) sont subégaux : il y a deux denticules à l'angle que forme en avant le bord inféro-interne

Fig. 3. Clibanarius brachyops, X 2 3.

du méropodite ; le carpe est court, orné seulement de deux saillies aiguës ; les mêmes saillies sont plus nombreuses sur la face supérieure de la pince et au nombre de quatre sur le bord interne de cette face; les doigts sont dentés ou plutôt fortement sinueux sur leur bord interne. Les pattes am- bulatoires (3) sont inermes; leur doigt, avec sa longue griffe, est à peu près aussi long que le propodite.

Cette espèce fut trouvée au même lieu et dans les mêmes coquilles que les deux formes précédentes ; sa taille est très réduite et n'atteint pas un centimètre. Elle est représentée par un mâle et par une femelle adultes; cette dernière porte un petit nombre d'œufs ovoïdes dont le grand diamètre égale presque 1/2 millimètre comme ceux du Paguristes anomalus.

11

Eupagurus pygmaeus sp. nov. (fig. 4).

Avec les exemplaires ci-dessus décrits se trouvait, dans une coquille de Columbetta cribparia, un petit Eupagurien femelle dont la physionomie est des plus caractéristiques.

Fig. U. Eupagurus pigmaeus, X 3o.

Le front (1) est brièvement aigu dans sa partie rostrale; les pédoncules oculaires sont un peu plus courts, très dilatés à leur base et fort rétrécis dans leur région cornéenne, qui estasses longue; les écailles ophthal- miques sont quadrangulaires avec leur bord oblique antérieur armé de h ou 5 dents longues et aiguës ; les pédoncules antennulaires et anten- naires dépassent longuement les yeux et sont dépourvus de toute armature;

12

Técaille antennaire, étroite et arquée, arrive au moins jusqu'au milieu de la cornée. La pince droite ( 2 ) est operculiforme , presque aplatie sur sa face supérieure, qui est très arquée en dehors, presque droite en dedans, et armée de nombreuses épines; ces dernières se groupent en une rangée sur le bord externe et sur le bord interne; il y a également des épines sur le carpe, qui est assez court. La pince gauche (3) est beaucoup plus réduite, plus étroite, armée de dents sur son bord externe qui est couvert d'épines et de petites saillies sur sa face supérieure. Les paltes ambulatoires (4) sont relativement courtes , ornées seulement de quelques soies comme les chéli- pèdes ; leur doigt est presque aussi long que le propodite et porte U ou 5 soies spiniformes sur son bord inférieur.

Je range provisoirement cette espèce dans le genre Eupagurus, mais il pourrait appartenir à l'un des genres à'Eupaguriens les mâles pré- sentent des tubes sexuels, peut-être au genre Anapagurus ou Catapagu- roides. En tout cas, on la reconnaîtra toujours aisément à ses caractères bien particuliers. Je lui attribue le qualificatif de pygmaeus parce qu'elle est de très petite taille ; elle n'atteint pas 1 centimètre de longueur, et la largeur de son front ne dépasse guère 1 millimètre.

STOMATOPODES.

Gonodactylus OErstedni Halsen.

ANISOPODES..

Pagurotanais Bouryi sp. nov. (fig. 5, 6, 7).

Certaines coquilles de Planaxis lineatus étaient habitées par un petit Anisopode qu'on aurait pris d'autant plus aisément pour un Pagurien qu'il se trouvait au milieu des espèces nouvelles décrites ci-dessus, et montrait à l'orifice de la coquille ses deux pinces subégales et semblables.

Cette curieuse espèce constitue le type d'un genre nouveau et d'une espèce nouvelle étroitement adaptée à la vie dans les coquilles. Tous les pléopodes ont disparu (fig. 5 : 1), saut peut-être un rudiment de la paire antérieure; l'abdomen est mou, tordu dans le sens de la spire, enfin et surtout les pattes des cinq dernières paires (fig. 5 : 1 ; fig. 6 : i3 , 1 k) présentent sur la face externe de leurs trois articles subterminaux (pro- podite, carpe, méropodite), une rape d'écaillés qui rappellent tout à fait les organes uropodiens des Pagurides et jouent vraisemblablement le même rôle dans les rapports de l'animal avec la coquille. Pour ces diverses

13

raisons, je propose de désigner le nouveau genre par le nom de Paguro- tanais. En dehors des caractères précédents, qui sont fort typiques, il se distingue par la segmentation normale de son abdomen , la réduction de ses uropodes qui présentent pourtant une petite branche externe (1), la conformation en pince parfaite de ses pattes antérieures (5) et le grand

Fig. 5. Pagwolanais Bouryi.

I a l'omelle de la figure i mesure a miilim, 5.

développement des pattes de la paire suivante (7) qui doivent être ravis- seuses parce qu'elles sortent une série d'épines sur le bord inférieur de leurs quatre derniers articles. Le genre paraît se rapprocher surtout des Tanaïs, mais il en diffère par tous les caractères précédents, sauf la forme de pattes antérieures ; c'est vraisemblablement un Tauaïdien primitif très modifié par adaptation à la vie pagurienne.

U

Je désignerai cette curieuse forme sous le nom de Pagurotanais Bouryi en l'honneur du savant qui Ta découverte. Les caractères de l'espèce sont les suivants :

Corps (1 ) rétréci d'avant en arrière , à segments très nets , mais peu calcifiés dans la région de l'abdomen et seulement du côté dorsal; çà et là, quel- ques poils ramifiés agglutinants, plus nombreux d'ailleurs sur les appen- dices de locomotion. Céphalolhorax formant entre les antennes une avance frontale (2) triangulaire, acuminée, irrégulièrement dentée sur les bords ; une échancrure sur son bord à la base des antennes. Un peu en arrière et en dessous de cetle^ échancrure apparaissent les yeux, qui dépassent à peine 5oo \x et qui se composent de h ou 5 ocelles noirs superficiels, couron- nant d'autres ocelles profonds , plus nombreux et plus pâles.

Antennes de la 1 rc paire ( 3 ) très développées , avec un long article basai et deux fouets inégaux portés par le hK article pédonculaire ; ces deux fouets se terminent l'un et l'autre par un article rudimentaire qui est précédé par trois articles dans le grand , par un seul dans le petit. Antennes de la 2* paire (h) très réduites , atteignant à peine l'extrémité de l'article basai des précédentes, formées de cinq articles iné- gaux dont le premier est plus long et beaucoup plus fort que les autres. Maxilles tronquées, fortement ciliées sur leur bord, probablement dépourvues de lacinie interne; une série de stries parallèles (10), peut-être branchiales, sur les mâchoires dont les deux lacinies sont tronquées et bien développées. Maxilli- pèdes (fig. 7) remarquables par le développement et l'armature de leur article carpien qui présente sur son bord externe une série continue de 9 à 10 dents, à l'angle antérieur de son bord interne 5 épines dentiformes (fig. 6 : 11).

Pattes antérieures assez puissantes , avec un carpe très long ( 5 ) , armé de spinule sur ses deux bords ; pinces à peu près aussi longues , à doigts plus courts que le propode , terminés en griffe aiguë et , sur leurs bords en regard , armés de dents qui portent pour la plupart des soies cultriformes ciliées en arrière (12 ); exopodite de ces pattes uniarticulé, denticulé en dessus et muni de quatre soies dans sa partie terminale (5). Pattes de la 2e paire (7) un peu plus longues, beaucoup plus grêles, terminées par une griffe fort aiguë ; leurs quatre derniers articles , longs et armés de soies spiniformes sur leur bord inférieur. Pattes des cinq paires suivantes ( 1 , 8, i3, 1 k) beaucoup plus courtes et plus faibles, d'autant plus réduites qu'elles sont plus rapprochées de l'abdomen , toutes d'ailleurs du même type, avec une râpe (i3, i4) d'écaillés en crochets sur la face externe

Fig. 6.

Pagurotanais Boumji X 72.

15

du méropodite, du carpe el du propodite, un dactyle fort étroit e; ter- miné par une griffe courbe très aiguë.

Abdomen subcylindrique (1), sans autres appendices que les uropodes et un rudiment (non aperçu dans tous les spécimens) des pléopodes anté-

Fig. 7. Paguwianaiê Bouryi. Divers appendices très grossis.

rieurs; telson arrondi en arrière, uropodes très réduits (i5), leur branche .interne de deux articles, la branche externe d'un seul, qui est très petit.

Longueur totale d'un individu sans les appendices, 2 millim. 5 au plus, œufs peu nombreux, arrondis, d'un diamètre de i3o à îko (x.

Quatre exemplaires, dont nn mâle, capturés dans les Madrépores à la Zocappa, près de Santiago de Cuba.

16

Quelques Observations sur les moeurs et sur l'habitat des Crustacés À l'Ile de Cuba,

PAR M. E. DE BoURY.

Après l'étude scientifique présentée par M. le Professeur Bouvier, qui a su donner aux quelques matériaux que j'ai rapportés de Cuba un intérêt qu'ils n'auraient jamais eu sans cela, il me paraît bon d'y joindre quelques observations en quelque sorte anecdotiques , montrant le côté pittoresque de la question, c'est-à-dire la vie des Crabes à Cuba, qui est véritablement un lieu d'élection pour ces Crustacés, souvent si curieux à étudier.

Je n'ai qu'un regret, c'est qu'étant avant tout malacologiste, je n'aie pas su apprécier, comme j'aurais le faire, toutes les richesses que j'avais sous les yeux. Sans doute, je ramassais avec intérêt tout ce qui s'offrait à mes regards d'observateur incorrigible, mais si j'avais connu tout le parti que M. Bouvier tirerait de mes trouvailles , je me serais appli- qué à les rendre plus sérieuses et j'aurais très probablement obtenu des résultats autrement importants.

A Cuba , en effet , on rencontre des Crustacés partout , dans la mer, dans les rivières, sous les pierres, sur les arbres, dans les habitations et jusque sous les toits.

Si l'on se promène sur la grève madréporique qui se trouve à droite de l'entrée de la baie de Santiago de Cuba quand on vient de quitter celle-ci , on voit une petite falaise d'un ou deux mètres qui n'est entièrement recouverte qu'à marée haute. La crête qui surplombe la mer est couverte d'une multitude de Crabes (probablement le Paehygrapsus transûersus) , que l'on voit courir avec rapidité. Ils font bonne garde, car, dès que l'on cherche à s'approcher d'eux, ils se précipitent dans la mer avec une telle vélocité qu'il doit être extrêmement difficile de se les procurer par ce moyen.

Au bas de la falaise, le sol plonge en pente très douce, mais je ne l'ai jamais vu complètement découvert. Il y a au moins 5o centimètres d'eau, ce qui rend les recherches assez difficiles. Cette partie est couverte de sortes de grosses pierres plates qui ne sont en réalité que de vieux blocs madréporiques , souvent fort lourds. Si on les porte sur le bord de la falaise pour les examiner à loisir, on peut y trouver de véritables richesses, soit comme Mollusques , soit aussi comme petits Crabes , ou comme Pagures ,

17 -

une infinité de coquilles étant occupées par ces derniers, surloul les Troques; mais d'autres très petites coquilles sont également habitées par ces curieux animaux, par exemple les Hissoina, les Plamœis, les Eulimus. C'est surtout parmi ces petites espèces que Ton aurait chance de rencontrer de nombreuses nouveautés.

Si l'on casse et si l'on explore les cavités des vieux madrépores qu'on rencontre sous l'eau, sur les bords et en dedans de la baie, on y rencontre bon nombre de ces animaux, entre autres un Grustacé allongé, de couleur verte (probablement le Gonodactylus OErstedti), qui occupe les cavités creusées par les Mollusques dans un polypier fort dur qui renferme auss i des grands Lithodomes, un des beaux Mollusques bivalves de Cuba. On peut, du reste, faire de véritables collections en explorant et cassant aver soin ces vieux madrépores.

Les dragages que j'ai opérés dans les herbiers, principalement dans l'Ënsenada de Nispero, petite baie latérale qui prend naissance près de la passe et à l'intérieur de la baie de Santiago, m'ont donné d'excellents résultats. On y recueille beaucoup de petits Crabes, de petites Crevettes et en nombre relativement assez grand, un Cruslacé qui, d'après M. Bouvier, était jusque-là d'une excessive rareté.

Il est bon de fréquenter le marché l'on vend , outre d'énormes Cre- vettes appelées tr Camarones-^, plusieurs espèces de Crabes recueillis, soit en dehors de la baie, soit dans les herbiers de celle-ci les enfants les pèchent à la ligne. Il faut traiter cette espèce avec beaucoup de précaution , et j'avoue que j'ai payé cher un oubli d'observation. Ayant pris machinale- ment l'espèce derrière les grosses pattes, pour éviter d'être pincé, je fus par contre cruellement piqué, n'ayant pas fait attention à deux énormes pointes acérées qui protègent la carapace de chaque coté.

A certaines époques, la baie de Santiago est envahie parles Tourlourous (Gecarcinus ruricola), gros Crabes disgracieux, épais, carrés, de couleur grisâtre, montés sur d'énormes pattes et pourvus de deux gros yeux pro- éminents. On les rencontre surtout sur les grèves vaseuses mêlées de pelils arbrisseaux rabougris , et aussi sous les maisons bâties sur pilotis qu'on trouve en plusieurs points sur les bords de la baie. Les Cubains en fonl grand cas, mais comme ce Crabe est très friand des baies du Mancenillier, très dangereuses, on a soin de le laisser jeûner assez longtemps dans des barils défoncés recouverts d'un grillage. Il s'en fait alors un grand com- merce, ceux qui les récoltent venant les vendre dans la ville.

La vase qui se rencontre en abondance autour du porl , et en particulier aux abords du Club nautique, est percée d'une multitude de petits trous qui ne sont (pie l'orifice de terriers habités par des petits Crabes rectangu- laires (les Uca ou Gélasimes) dont une pince seule est développée, tandis que l'autre est atrophiée. Quand on s'approche , on les voit regagner en hâte leur retraite.

Muséum. xuv.

18

Les rivières et les ruisseaux renferment de très beau\ Crabes (sans doute des Epibolocera) , souvent fort rares, marbrés de noir et de blanc, qui seraient , paraît-il , spéciaux à la partie occidentale de l'île. J'ai eu l'occasion, en traversant un gué composé de larges marches pierreuses peu élevées, de voir ces jolis Crustacés se sauver sous les pieds des chevaux. L'eau, d'une extrême transparence, permettait de les observer très facilement. J'ai pu m'en procurer deux ou trois dans le petit ruisseau qui traversait la propriété que j'occupais. Ils font aujourd'hui partie des collections du Muséum.

Sur terre, il y a une espèce []> qui pullule et que l'on rencoulre au voi- sinage des habitations, sous les pierres, les madriers, les planches. Il n'est pas rare, le soir, de les voir courir à la partie supérieure des chambres, entre les solives qui supportent le toit et reposent sur le mur. Les espaces qui les séparent étant vides pour laisser passer l'air, il peuvent y circuler tout à leur aise.

C'est surtout à l'îlot de Cayo Smith, formé de tufs coralligènes , qu'on les rencontre en abondance. Le soir, on ne peut sortir sans les voir courir dans les sentiers rocailleux, ils font assez grand bruit. On les entend encore davantage dans certains réduits fort primitifs, installés dans les jardins, au voisinage des maisons. Ils dégradent sans cesse les abords de la cavité qui y a été creusée, et les premiers jours on se demande d'où pro- vient tout ce bruit.

Enfin il y a un autre groupe de Crabes (sans doute le Gmttxinus ruricolc ) qui habite les montagnes et vil sur les Cocotiers. Je n'ai malheurcusenir'nl pas eu l'occasion de les observer, mais on m'a fourni à leur sujet quelques détails curieux. Quand le moment est venu, ils descendent jusqu'à la mer pour pondre. Je n'ai pas su s'ils survivaient à cet acte de reproduction el s'ils regagnaient leurs montagnes. Toujours est-il que les jeunes, à peine éclos, quittent la mer pour gagner l'intérieur. Ils sont en si grand nombre, que le sol en parait rouge et que tout est dévasté sur leur passage. Ils grossissent rapidement à mesure qu'ils approchent de la montagne, niais il est probable qu'ils rencontrent beaucoup d'ennemis sur leur passage et qu'un nombre proportionnellement restreint atteint seul le but.

J'engage donc vivement les naturalistes qui auraient l'occasion de séjourner à Santiago de Cuba de reprendre cette étude si intéresssante avec plus de soin que je ne l'ai fait moi-même. Ils en seront largement récompensés.

(]) Ne serait-ce point le Pagurieu terrestre, Cenobila Uiogrnes.

19

Glàndila plicàtà, nouvel organe chez le male du bothrlurus v1ttatus,

par M. E. Pawlowsky,

Professeur agrégé a l'Académie de médecine militaire de Pétrograd.

En 1910, j'ai reçu du Muséum d'histoire naturelle de Paris, pour des recherches anatomiques, quelques exemplaires de Scorpions, et parmi eux un mâle de Boihriurus vitlatus, de la famille de Bothriuridœ , qui n'a presque pas, jusqu'ici, été anatomiquement étudiée.

Pig. 1. Coupe transversale de la vésicule à venin du mâle de Bothriurus vittalus.

E, dépression en l'orme do cupule du revêtement cutané de La face dorsale de la vésicule; I), enveloppe musculaire des glandes à venin; II, glande à venin ; G, chitine; A, plis de la glandulû pliçata.

[.es mâles de quelques espèces de celle famille possèdent sur la face dorsale de la vésicule à venin une dépression en forme de cupule (krae- pelin 1H09) : alors que Botkrîums dorbignyi Guer. en osl complètement dépourvu, elle n'existe qu'à l'état de simple rainure longitudinale peu profonde chez B. burmeisteri Krpi. et />. tkilensis, et n'est pleinement accusée que chez B. viilatus.

En correspondance avec cette dépression, on trouve sous la peau un organe glandulaire spécial, non encore décrit chez les Scorpions.

Sur la coupe transversale de la vésicule à venin (fig. 1), on voit un épaississement de la chitine qui recouvre la dépression. La coloration au

2 .

20

Giemsa y décèle une mince cuticule superficielle, presque imperceptible, dans la région de la dépression (fig. 2), cuticule qui se colore en bleu, contrairement à l'épaisse couche de chitine sous-jacente striée perpendicu- lairement à la surface, et qui ne se colore pas.

Au-dessous de la chitine , l'hypoderme de la dépression forme un grand nombre de plis longitudinaux plus profonds au ceutre que sur le pour- tour. Des faisceaux de fibrilles se détachent de l'hypostracum et vont jusqu'aux extrémités en cul-de-sac des plis épithéliaux. A ce niveau, les cellules de la couche sont plus grosses que dans le reste de l'hypoderme. Leurs noyaux sphériques nucléolés contiennent un réseau de chromatine finement granuleux.

La surface interne des plis épithéliaux est recouverte d'une mince mem- brane basilaire, et entre les plis se rencontrent divers éléments du tissu conjonctif.

Fig. -1. Coupe transversale d'une partie de la glandula plicala.

te, tectostracum ; es, epiostracura ; Injp, hypostracuui ; ep, plis de glandula plicala: Jb, fibrille de l'hypostracum; me, membrane externe.

Le grand nombre d'autres Scorpions que j'ai étudiés (Bulhm, Liobu- thus, Anomalobuthus , Orlbochirus, Parabuthus, Uroplcctes, Odonlurus, Ba- bycurus. Lichos, lsomplrus, CetÛrurus , Tilijus, Urodacm, Scorpio, Hetero- metruSy Paradinus, Opisthophlamus , Opisthacanthus , Opislhocenlrus , etc.) ne présentent rien d'analogue à l'organe que je suis autorise à considérer comme une glande, d'après les caractères de l'épithélium.

La sécrétion de cette glande passe à travers la chitine , grâce peut-être à la structure fibreuse de cette dernière et aux fibrilles logées dans les plis de l'épithélium. Les nombreuses glandes à cire des Insectes (Apidœ, Aplùdœ. . .) présentent une disposition analogue; 011 en voit sourdre la sécrétion dans sa forme solide définitive à travers la cuticule chitineuse. En i884, Dewitz a décrit dans les pattes des Insectes des glandes sacculi- formes avec de gros plis de chitine; leur schéma chez les Locusùdœ pré- sente quelque ressemblance avec la glande que j'ai décrite chez Bothriurus vitlatus. Les glandes des ailes des papillons se présentent aussi comme des formations énigmatiques.

21

Gomme la fonction de la glande de B. vittatus reste inconnue, je pro- pose pour elle la désignation indifférente de glandula plieata.

La femelle de B. vittatus ne possède pas la dépression en rapport avec un organe glandulaire comme le mâle; s'agit-il d'un dimorphisme sexsuel? Kraepelin, qui, en 1908, a étudié les cas de dimorphisme chez les Scor- pions, prétend que chez les deux sexes ces distinctions ne s'établissent que par modifications d'organes déjà existants, l'apparition de nouveaux organes chez un seul sexe n'ayant pas lieu. Il serait donc intéressant de rechercher si la femelle de B. vittatus possède ou non un rudiment quel- conque de glandula jilicata.

Glandula plieata se présente comme une troisième glande dans la vési- cule à venin qui contient déjà les deux glandes venimeuses accolées par leur face interne. Chez d'autres Bothriuridae (B. bonariensis , Brachistoster- nus intermedius et Festylus glasioni), seules espèces que j'aie étudiées, glandula plieata faisait complètement défaut.

Bibliographie.

Bonnet, Recherches sur l'anatomie comparée et le développement des ïxo- didés. (Ann. Univ. Lyon, Nouv. sér., I, Se. méd., fasc. ao, 1907.)

Dewitz , Ueber die Fortbernegung der Thiere an sencrechten glatten Flàchen vermittelst eines secrètes. (Arch. Ges. Physiol., 33, 1 8 8 '1 . )

Joyeux-Laffuie, Appareil venimeux et venin du Scorpion. (Arch. de Zool. e.rp., ftes., Vol. III, i883.)

Kraepelin, Scorpiones und Pedipalpi. (Dan Tierreich, 1899.)

Kraepelin, Die secundaren gesch. der Scorpionen, Pedipalpen und Solifugen. (Mitl. ans dem Naturh. Muséum, XXV, Hamburg, 1918.)

Pawlowsky, Ein beitrag zur Kenntnis der giftdnisen der Arthropoden. (Trav. Soc. natur. Saint-Pétersb. , vol. XLÏ1I, 1919.)

Pawlowskv, Scorpiolonische Mittelliungen. I. Ein Beitrag zur Morphologie der giftdnisen der Scorpione. (Zeit. iviss. Zool. , vol. CV, 1913.)

Pawlowsky, Scorpionisclie Mittelliungen. II. Ein Beitrag zum Bau und zur Entvvicklung (1er giftdnisen bei den Scorpione. (Ibid., vol. CXII, 1916, et Revue rutse d'Entom. , vol. XIV, 191/1.)

22

Sun deux Espèces c'Eumastacin^: de l'Equateur (Orth. , Locust.),

par M. CXndido Bolivar y Pieltain.

Je dois à l'obligeance de MM. le Professeur Bouvier et L. Chopard d'avoir pu étudier les deux espèces nouvelles d' Eumastacinœ , dont la des- cription ci- dessous, de la Collection du Muséum de Paris, provenant des récoltes de M. P. Bivet à l'Equateur, lors de son voyage en 1905.

Eumastax Bouvieri nov. sp.

Coloration générale d'un brun jaunâtre ; tête noire , avec le front et les parties buccales jaunâtres, ainsi que les deux premiers articles des antennes, les autres étant d'un brun noirâtre. Yeux d'un brun foncé.

Pronotum tronqué en avant, obtusément arrondi en arrière; carène médiane peu visiblement saillante: lobes latéraux bien plus longs que hauts, l'angle antérieur largement arrondi, le bord inférieur très oblique et légèrement sinué au milieu, l'angle postérieur presque droit, le bord postérieur oblique et peu sinué. Organes du vol parfaitement développés. Ely très complètement hyalins , dépassant quelque peu l'extrémité de l'ab- domen chez le mâle, atteignant l'apex des valves de l'oviscapte chez la femelle. Leur vénulation ainsi que celle des ailes, noire. Ailes normales, presque deux fois aussi longues que larges chez le mâle, proportionnelle- ment un peu plus larges chez la femelle. Pattes antérieures et intermé- diaires d'un jaune brunâtre, présentant l'extrémité des tibias ainsi que les tarses verdâtres. Fémurs postérieurs jaunâtres dans la moitié basale, rouges clans la moitié apicale; genoux noirs. Les carènes longitudinales (sauf l'inférieure médiane), noires dans la partie gonflée du fémur, excepté dans une zone basillaire assez large, elles sont de la couleur du fond. Les tibias postérieurs, brunâtres, obscurcis en dessus, avec deux anneaux jaunes, dont l'un, plus petit, près de la base, l'autre bien plus large, avant la fin du premier tiers. Les épines, noires vers l'extrémité; celles de la série in- terne portent en avant, sur le bord du tibia, une petite tache jaune. Tarses postérieurs d'un vert foncé.

Abdomen brun, avec les parties terminales noires chez le mâle, dans lequel il est arrondi, indistinctement caréné en dessus, pas très gonflé vers l'extrémité. Lame suranale triangulaire, très aiguë à son angle postérieur;

23

présentant deux carènes parallèles en dessus, qui, de la base, s'étendent au delà du milieu, laissant entre elles un sillon assez profond, ainsi (pie deux autres carènes extérieures, une de chaque côté, un peu obliques d'abord, puis pliées presque en angle droit, se dirigeant vers les carènes internes qu'elles atteignent. Gerques du mâle courts, dépassant de très peu l'apex de la lame suranale, parallèles, droits, s'amincissanl peu à peu à partir de la base jusqu'à leur milieu , ensuite cylindriques jusqu'à l'extrémité , ils sont tronqués , quelque peu arrondis ; couverts de poils très longs et très fins. Titillateurs coriaces, triangulaires, n'atteignant pas l'apex de la lame suranale. Lame infra-anale globuleuse, amincie vers l'ex- trémité, où elle est tronqué-arrondie.

Chez la femelle, l'abdomen est comprimé et fortement caréné en dessus, dans toute sa longueur. Lame suranale triangulaire, pourvue de deux carènes dorsales, fortement rapprochées vers le milieu de la lame, et lais- sant entre elles un profond sillon. Cerques longs, n'atteignant pas l'apex de la lame suranale, peu à peu amincis vers l'extrémité, ils sont aigus, arrondis, pubescents. Lame infra-anale se rétrécissant depuis son milieu jusque vers l'apex, auprès duquel s'amincissant beaucoup soudainement et finissant en une pointe, qui reste entre les valves inférieures de l'ovi- scaple, dans leur partie basale. Valves de l'oviscaple allongées, pubescentes, pourvues de grosses denticulations.

d Long, corp., i3,5; pron. , 1,8; élytr. , 11; ailes, 10 x 5,2: fém. post. , 10 mm.

9 Long, corp., 18; pron., 9,9; élytr. , 10: ailes, 1-1x7; fém. post., i3 mm.

Equateur : Santo Domingo de los Colorados ( 5io m. d'alt.). P. Rivet, 1905. 1 d et 1 9.

Type : un exemplaire d dans la Collection du Muséum de Paris.

Suivant le tableau donné par M. Huit, cette espèce doit se placer à côté des Eum. surda Burr et collaris (Gerst. ), par ses fémurs postérieurs rouges dans leur moitié apicale. Elle semble très nettement différente du collaris par ses organes de vol parfaitement hyalins, ainsi que par les cerques du mâle qui sont courts, parallèles, droits, et nullement courbés en faucille et croisés comme chez l'espèce de Gerstaeckeiv La nouvelle espèce se rap- proche beaucoup plus du surda, dont elle peut se distinguer par la vénu- lation noire, au lieu de brune, des élylres et des ailes, qui sont propor- tionnellement plus longs. Les parties terminales de l'abdomen du mâle offrent aussi des différences très remarquables.

Scirtomastax Chopardi nov. sp.

d. Coloration fondamentale brun très foncé. Corps obtusément caréné eu dessus, depuis le bord antérieur du pronotmn jusqu'au 7' segment

u

abdominal, et parcouru par une e'troite ligne médiane longitudinale jau- nâtre. Le corps porte de chaque côté une frange jaune qui, commençant aux joues, elle est étroite et oblique, s'étend sur loule la moitié infé- rieure des lobes latéraux du pronotum, traverse le méso- et métapleurae, et arrive sur l'abdomen elle longe le bord des tergites dorsaux, deve- nant d'un jaune pins vif vers l'extrémité de l'abdomen, jusqu'au 7e seg- ment où elle finit soudainement. Yenx brun clair, assez brillants. Le front dans sa partie médiane porte une étroite ligne transversale, jaune, inter- rompue au milieu par la carène frontale; la partie du front inférieure à cette ligne présente la coloration générale du corps, la partie supérieure est d'un jaunâtre pâle, ainsi que les deux premiers articles des antennes, dont le reste est un peu plus foncé. Parties buccales vert pâle.

Pronotum tronqué en avant, obtusément incisé en arrière; carène mé- diane très peu marquée; lobes latéraux du pronotum une fois et demie plus longs que hauts, angle antérieur largement arrondi; bord inférieur sinué au milieu , et aussi très près de l'angle postérieur, ce qui fait que celui-ci soit plus aigu et prolongé; bord postérieur droit, oblique d'avant en arrière. Partie sternale du thorax jaunâtre. Elytres et ailes nulles. Pattes antérieures et intermédiaires de couleur jaune, quelque peu verdâtre sur les tibias et les tarses. Fémurs portérieurs jaunes , à région prégéniculaire verdâtre; carènes longitudinales (sauf les deux inférieures) noires dans la partie gonflée du fémur, pourvus de poils spiniformes. Genoux d'un mar- ron foncé. Tibias postérieurs jaunâtres; les épines de la série externe, petites, au nombre de 21 ; celles de la série interne plus grands, de lon- gueur alternante, au total de 22. Tarses postérieurs verdâtres.

Abdomen cylindrique, non gonflé à l'extrémité; 7e segment dorsal, très court en dessus, largement coupé en rond au bord portérieur. 8e segment à peine visible sur le partie dorsale de l'abdomen il n'est représenté que par une ligne étroite, et de chaque côté par une portion triangulaire noire, très brillante, qui, près de son angle postérieur, semble être soudée au segment suivant. 9e segment large en dessus, présentant de chaque côté une ample échancrure, est logée la base du cerque; il est complètement noir. Lame